Six ruptures pour sortir de la crise
Par Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès
On croit rêver ! Où sont passés les libéraux, les défenseurs de la mondialisation heureuse ? Où sont les donneurs de leçons sur « la nécessité de s’adapter coûte que coûte à un capitalisme qui a fait la preuve de sa supériorité sur toute la planète » ?
Ils sont tous au chevet de la « régulation », mot dont on ne sait plus bien ce qu’il signifie, tant ils les utilisent de façon contradictoire et sans en définir le sens et l’objectif. Tous ces Diafoirus jurent qu’ils sont bien déterminés à « moraliser le capitalisme » et à éviter qu’une telle crise puisse se reproduire. Chacun y va de son idée. Ici, une grande réunion sensée rétablir l’ordre et colmater la brèche d’un système qui prend l’eau de toutes parts, là des fonds publics pour se substituer au crédit défaillant……
Certes, des mesures immédiates s’imposent. Il ne faudrait pas pour autant que l’urgence de la tâche vienne empêcher l’indispensable réflexion sur les raisons profondes de la crise. Il ne faudrait pas non plus que la mise en cause de certains responsables (les mauvais banquiers, les amateurs de parachutes dorés, les vilains traders et autres spéculateurs, les produits « toxiques »….), livrés à la vindicte publique et que certains font mine de découvrir, serve de dérivatif à l’analyse lucide des vraies causes de la catastrophe.
Cette crise est globale, parce qu’elle est la résultante de quatre crises : financière, économique, sociale, écologique. C’est le système capitaliste financier transnational et la mondialisation libérale qui sont en cause.