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On ne peut plus dire…
30 octobre 2008, 10:15
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On ne peut plus dire…

1. « Il faut faire des retraites par capitalisation… »

La chute des places financières que nous connaissons aujourd’hui produit la faillite des banques mais entraîne également une dépréciation importante des actifs des fonds de pensions. Cette baisse a pour conséquence immédiate une violente baisse des retraites de millions d’anciens salariés dans de nombreux pays. Certains se retrouvent à la rue et ne savent plus comment subsister. Au contraire, la retraite par répartition garantit une stabilité des ressources des retraités.

Par ailleurs, en temps normal, les fonds de pensions exigent des rendements financiers extrêmes de la part des entreprises dont ils détiennent le capital. Cette pression aux dividendes exerce un effet dévastateur sur les salaires, encourage le dumping social, fiscal et écologique et limite les investissements dans la recherche et l’innovation. En conséquence, les salaires baissent, le pouvoir d’achat dégringole, l’épargne retraite s’amenuise et les retraites à venir des salariés actuels se réduisent comme peau de chagrin.

2. « Il faut d’abord produire plus de richesses pour augmenter le niveau de vie des Français… » ou « On ne peut pas augmenter les salaires »

La production de richesses n’a jamais été historiquement aussi importante. Néanmoins, depuis le début des années 1980, la part de la richesse nationale qui va aux salaires et aux charges ne cesse de diminuer au profit du capital.

En 30 ans, c’est 11 points de PIB qui sont allés des poches des salariés, du budget de l’état et des caisses de sécurité sociales vers les poches des actionnaires. En 2008, c’est donc presque 200 milliards qui n’ont pas été versés aux salaires et aux charges sociales par rapport à la répartition qui existait en 1983. En maintenant l’équilibre d’alors il n’y aurait pas de trou de la sécu, de déficit du budget de l’état et chaque actif aurait touché environ 5000 euros net en plus sur l’année.

3. « Il faut remettre les français au travail… »

Sous l’effet d’innovations techniques, d’une éducation de qualité et d’efforts de la part de tous, la productivité en France a été multipliée par 5 entre 1960 et 1990 (alors qu’elle n’avait que doublé entre 1820 et 1960). Il faut donc beaucoup moins de gens pour produire plus.

La régulation par le marché a conduit à un chômage de masse et à une précarité importante dans tous les pays du monde. En France, grâce à un droit du travail protecteur, la précarité généralisée a été limitée. Pour redonner du travail à tous et redistribuer l’effet des progrès accomplis collectivement, il faut reposer la question de la durée du travail. La relance de la croissance ne suffira pas à redonner un travail à chacun.

Quand on moyenne sur l’ensemble des durées de travail des actifs d’un pays (en retirant les chômeurs), la durée du travail hebdomadaire moyenne en France est plus importante qu’aux USA et qu’aux Pays-Bas. C’est un résultat surprenant qui s’explique par la multiplication des emplois précaires de courte durée et faiblement rémunérés dans de nombreux pays possédant un droit du travail peu protecteur. (Lire la suite…)